Jour 5 : De Nogent-Le-Rotrou à Alençon


chateau de saint paterne

Après une belle nuit passée chez un habitant de Nogent-Le-Rotrou, je fais quelques mètres à pieds poussant mon vélo jusqu’au château Saint Jean, qui date du Moyen Âge et bâtit par les comtes de Rotrou, qui régnaient alors sur le Perche durant le XIVè siècle. Il est un château-fort dominant la ville : Il s’agissait en effet d’asseoir la puissance d’alors de ces comtes du Perche dont la hauteur des tours peuvent en témoigner encore aujourd’hui.

Après m’être promené dans les jardins, j’enfourche enfin mon vélo et descends dans la ville. C’est alors que je remarque qu’il règne une certaine agitation : Les artères principales de Nogent sont embouteillées, bon il est vrai que c’est jour de marché mais quand même.

C’est alors que des slogans criés au micro et des sifflets me firent me souvenir que nous étions samedi et que, depuis vingt semaines à présent, ce jour correspond aux rassemblements des gilets jaunes.

Peu nombreux et manifestant pacifiquement, la ville n’est pas débordée. Deux voitures de gendarmerie suivent la manifestation composée d’environ une trentaine de gilets jaunes. Le leader interpelle les passants au micro « Engagez-vous ma chère dame, c’est pour vous que nous rassemblons ».

Moi, ne souhaitant pas être remarqué (car ce leader interpellait des passants au hasard), je reste derrière à quelques dizaines de mètres poussant mon vélo. Arrivé à un carrefour, je retrouve l’itinéraire devant me conduire à la longue voie verte à Condé-sur-Huisne à une dizaine de kilomètres de Nogent-Le-Rotrou.

Pas de chance, les manifestants empruntent cette fameuse rue. Profitant d’un petit moment d’arrêt pendant lequel le leader regardait dans d’autres directions, je décide d’enfourcher de nouveau ma monture et de dépasser la manifestation. Et c’est au moment où je dépasse le leader que celui-ci m’interpelle et me lance une remarque de ce type : « Monsieur, votre gilet ne doit pas être orange, il doit être jaune. »

Le gilet fluorescent que je porte a en effet eu le malheur de se retourner dans mon élan et montrer la couleur orange, que je trouve plus visible ces jours-ci avec le beau temps. Mais ma tentative de passer inaperçu fut ratée cette fois.

Peu importe, je quitte maintenant Nogent en suivant la ligne de chemin de fer vers Condé-sur-Huisne. La route est magnifique bien que pas toute plate et offre de magnifiques panoramas sur les collines du Perche jonchées de vaches et de chevaux blancs et gris, propres à cette région.

Après une douzaine de kilomètres, je trouve cette voie verte, ancienne voie ferrée reliant autrefois Nogent-Le-Rotrou à Alençon, que je suivrai désormais jusqu’à la fin de la journée.

Après une trentaine de kilomètres, il devait être environ deux heures et demi, je commence à me sentir faible : Je n’avais pas vu le temps passer et avait faim. Je décide alors de m’arrêter à Mortagne-au-Perche, que je connais bien pour déjeuner.

Après une dernière montée d’un bon kilomètre, j’atteins enfin le centre de la ville et en regardant à ma droite, voit des clients encore attablés. Je tente ma chance et demande à l’intérieur s’il est encore possible de déjeuner, ce qui s’avéra possible. Je commanda donc un bon bout de boudin noir accompagné de pommes de terre et de salade.

Mortagne est en effet réputé pour être le berceau du boudin noir, mais aussi pour ses anciens hôtels particuliers datant du Directoire et de son cloître du XVIè siècle situé dans le couvent Saint François, qui se trouve dans l’enceinte de l’hôpital, que j’ai visité après m’être rassasié.

Mais l’heure tourne et il me faut repartir pour Alençon qui se trouve encore à près de 40 kilomètres. Heureusement, les grands avantages de ces voies vertes sont l’absence totale de voitures et le très faible dénivelé et me permit donc de réaliser cette distance en à peine deux heures. Le passage au-dessus de l’autoroute reliant Rouen au Mans me laissent comprendre que j’approche désormais de la préfecture de l’Orne et que j’ai désormais quitté le Perche.

La ville est très tranquille, mon GPS m’indique des rues presque vides de toute circulation et trouve sans difficulté le château de Saint Paterne, discret mais magnifique château situé dans l’agglomération d’Alençon et au carrefour des itinéraires cyclables traversant la ville.

Je sonne à l’interphone et regarde les plaques sur la grille. Le château est un hôtel de luxe mais je suis loin d’être présentable et mon vélo est poussiéreux. Heureusement, mon hôte de ce soir me mit tout de suite en confiance et me présenta ma chambre avant que les premiers clients n’arrivent.

C’est là que je découvre les coulisses de la tenue d’un château-hôtel : Les parents cuisinaient pour leurs clients et leur second fils vint me parler vélo, lui qui aussi, partage la même passion que moi.

Après m’être lavé, je redescends les voir pour dîner et ce fut ainsi le début d’une soirée très joyeuse autour d’un bon dîner et d’un bon blanc. Mais je pris conscience que le changement d’heure a lieu cette nuit et décide finalement de remonter écrire cet article et de dormir dans la magnifique chambre dans laquelle je suis logé ce soir car j’ai parcouru aujourd’hui près de 90 kilomètres en seulement quatre heures et demie (sans compter les nombreuses pauses bien sûr), ce qui constitue ma plus longue étape de cette semaine et l’une des plus longues de mon périple en France.

1 Commentaire

Un commentaire

  • Tu files à toute allure sur les routes, Audoin!
    Je suis d’accord avec toi : les rues d’Alençon sont vraiment désertes; il y a beaucoup de personnes âgées et leurs enfants sont allés faire leur vie ailleurs car à part les administrations, il n’y a plus d’entreprise : Moulinex a fermé il y a 20 ans et depuis , la ville a sombré dans l’assoupissement..

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